Reportage La Dépêche : La Safra immatricule son premier Businova

En présence du préfet du Tarn, Thierry Gentilhomme, la Safra a fixé hier soir la première plaque d'immatriculation de son véhicule hybride Businova.

«Avant, il roulait. Maintenant, il peut circuler», proclame Thierry Gentilhomme. Le préfet du Tarn était là ce mardi soir à Fonlabour pour un événement n'ayons pas peur des mots historique. Rien moins que l'immatriculation du premier Businova. «C'est du tout frais. Nous avons récupéré la carte grise cet après-midi à la préfecture», annonce Vincent Lemaire, président de la Safra. «De belles perspectives s'ouvrent à nous. Mais si vous saviez les milliers d'heures qu'il a fallu pour en arriver là», souffle Serge Bodoira, dirigeant historique de la PMI albigeoise, avant d'embarquer pour un premier voyage en Businova le préfet et Stéphanie Guiraud-Chaumeil, maire d'Albi, qui s'est dite «très fière au nom de la ville et de la communauté d'agglomération de l'Albigeois de la présence de Safra». Le bus hybride s'ébranle pour un tour de parking, faisant très peu de bruit, à peine plus qu'un tramway. C'est parti pour une grande aventure industrielle engagée il y a trois ans, renouant avec les origines de la Safra, d'où sortit en 1948 le bus rendu célèbre par le film les Choristes.

Cette première plaque d'immatriculation, fixée solennellement en présence des autorités, couronne la réussite des tests d'homologation, premier succès du Businova; feu vert qui permettra la commercialisation «en France, en Europe, mais aussi au Canada et plus loin dans le monde», anticipe Vincent Lemaire. Ce sont plus de mille points réglementaires, qu'il a fallu vérifier, à Montlhéry puis sur le circuit d'Albi avec le concours d'Eveer'Hy'Pôle, la Sem dont c'est une des missions. «Moyennant quoi, il n'y a plus qu'un seul fabricant de bus en France, et c'est la Safra», dit Jean-Michel Bouat, président d'Eveer'Hy'Pôle. De quoi pour le préfet clouer le bec aux chantres «du déclin français».

Alain-Marc Delbouys pour La Dépêche