Le sacre du programme «Businova» de Safra

Le Businova, bus hybride rechargeable, de Safra vient d’être reconnu « bus à faible émission » dans la loi de transition énergétique. De quoi assurer le projet de croissance de l’entreprise albigeoise qui engrange ses premières commandes.

C’est officiel depuis le 12 janvier. Le Businova de Safra, conçu et assemblé sur les terres albigeoises de l’entreprise, fera partie des bus reconnus comme «bus à faible émission» dans le décret d’application de l’article 37 de la Loi de Transition Energétique. Le décret oblige les flottes de transport public de plus de vingt véhicules à acheter au moins 50% d’engins à faibles émissions d’ici janvier 2020 et 100% d’ici 2025. De quoi assurer un avenir radieux au leader de la maintenance des transports urbains Safra, comme constructeur d’autobus. La société vient d’ailleurs de signer son premier contrat avec Périgueux pour deux unités et devrait signer très prochainement avec Castres Mazamet.

Cette victoire, le président du groupe Safra Vincent Lemaire, l’a doit à sa ténacité ainsi qu’au lobbying efficace des politiques régionaux et locaux et en particulier le député Jacques Valax et Bernard Gilabert, conseiller régional. «Grâce à leur mobilisation, nous avons pu rencontrer les rédacteurs de ce décret et expliquer pourquoi le bus hybride rechargeable Businova sait fonctionner en mode Zéro Emission dans une zone protégée, contrairement aux véhicules hybrides classiques», se félicite Vincent Lemaire.

Le premier bus à faible émission évolutif

Issu d’un programme d’innovation de rupture né en 2010, le projet Businova a pour ambition de développer des bus propres, de grande capacité, faciles à exploiter, économiques et dotés d’une durée de vie garantie par l’évolutivité énergétique. «Nous avons développé la chaine de traction en zéro émission grâce à l’utilisation de toutes les énergies auxiliaires (motorisation électrique et hydraulique) et un complément d’énergie est apporté par un petit moteur diesel qui consomme le tiers d’un bus classique», détaille Vinncent Lemaire.

D’ici trois à cinq ans, Safra prévoit de profiter des nouvelles avancées technologiques pour développer sa gamme : perfectionner le Businova 100% électrique et développer un modèle hydrogène. Selon le dirigeant, «les deux versions sont possibles à peu près à la même échéance mais au-delà des technologies et des coûts, tout se regarde en particulier la question des recharges sur des flottes lourdes.»

45 millions de chiffre d’affaires d’ici trois ans

Si la France est en avance au niveau réglementaire, toutes les capitales d’Europe peaufinent des plans «bus à faible émissions». Safra a d’ailleurs prévu de mobiliser cette année 7,5 millions d’euros pour booster Businova et avancer sur l’internationalisation. Si l’ambition de la PME de devenir un constructeur d’autobus français est devenue une réalité, son entrée dans la catgéorie des ETI est sur la bonne voie.

D’ici trois ans, Safra prévoit 45 millions d’euros de chiffre d’affaire contre 20 millions en 2016, soit une hausse de 110%. 45 créations d’emplois sont prévues sous deux ans pour accompagner la monter en cadence des ventes (10 commandes en 2018 et 33 commandes dès 2019) ainsi qu’un important programme de déploiement industriel sur Albi.
Aurélie de Varax

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